Accouchement sur l'A20 et mort du bébé : le président demande une enquête
Pour "tout connaître des circonstances de ce drame", le président François Hollande a demandé l'ouverture d'une enquête administrative samedi, après la mort d'un nouveau-né dont la mère n'avait pu accéder à une maternité dans le Lot.
"Ce drame nous appelle une nouvelle fois encore à ne rien accepter en matière de désert médical", a déclaré M. Hollande devant le congrès de la Mutualité française réuni à Nice. "Aucun Français ne doit se situer à plus de 30 minutes de soins d'urgence", a-t-il ajouté, répétant un engagement de sa campagne présidentielle.
Dramatique accident
Une mère a perdu vendredi son enfant en le mettant au monde dans sa voiture sur l'autoroute A20
alors qu'elle faisait route vers une maternité de Brive,
faute de maternité dans le nord du département du Lot où elle
réside. Les pompiers ont constaté la mort du nouveau né peu après 12h00.
La jeune femme, accompagnée de son compagnon, avait pris la direction de Brive, soit un trajet d'un peu plus d'une heure, sur les conseils de son gynécologue qu'elle avait consulté peu avant à Figeac (nord-est du Lot).
Moratoire sur les fermetures de maternité
L'"accouchement dramatique" d'une mère sur une autoroute illustre "l'aspect néfaste des regroupements de maternité", a estimé samedi la coordination nationale pour la défense des hôpitaux et maternités de proximité, qui exige un moratoire sur les fermetures de maternités.
Selon le président de la coordination, Michel Antony, interrogé par l'AFP, "les deux-tiers des maternités ont fermé depuis 20 ans, et aujourd'hui les regroupements sont néfastes de part l'éloignement et les difficultés d'accès".
"Le gouvernement connaît les difficultés et pourtant avance à pas feutrés et reste extrêmement
frileux sur le problème de l'arrêt des restructurations", a-t-il réagi. "On est devant une idéologie dominante, selon laquelle les concentrations sont la solution: ce qui est faux. Si on avait
conservé une autre maternité dans le Lot, le drame d'hier ne se serait peut-être pas produit", estime-t-il.
Une seule maternité dans le Lot
Lors de la fermeture de la maternité de Figeac en 2009, de nombreux médecins et agents hospitaliers du Lot avaient alerté contre les risques liés à la désertification médicale. Le département du Lot de 170.000 habitants ne compte qu'une maternité à Cahors, depuis la fermeture en 2009 de celle de Figeac et de celle de Gourdon quelques années plus tôt.
Selon Michel Antony, entre huit et neuf départements ne disposent plus que d'une seule maternité, et la région parisienne n'est pas épargnée par ces suppressions de services de proximité, à l'image des menaces pesant sur la maternité des Lilas ou de la fermeture en mars de la maternité de La Seyne-sur-Mer (Var).
Son mouvement exige donc un moratoire "pour analyser ce qui se passe et qu'on fasse le bilan" des
regroupements. "Quand on ferme un service, dans des zones rurales ou urbaines, les autres professionnels de santé partent, il y a une fuite",
a-t-il fait valoir. "Personne ne gagne à la fermeture de services", selon lui.
La région demande une enquête
Avant lui, c'est le président de la région Midi-Pyrénées, MartinMalvy, qui a demandé à l'Agence régionale de
santé (ARS) que la lumière soit faite sur cet accouchement. "Il faut que l'ARS fasse le point sur ce drame. Pourquoi s'est-il produit ? Ce drame se serait-il produit s'il y avait
eu une maternité plus proche ?" s'est interrogé M. Malvy.
"Nous avons dit les risques liés à la fermeture de la maternité (...). Une enquête sera évidemment diligentée. Je demande expressément à l'Agence régionale de santé de nous en transmettre les conclusions intégrales", a déclaré l'ancien maire de Figeac dans un communiqué.
C'est un choc, un chagrin immense pour les parents d'avoir perdu leur enfant.
Le gynéco semble avoir fait preuve de beaucoup légèreté : elle aurait dû être transportée par le SMUR ou les pompiers...
Les parents ne choisissent pas toujours ! C'est le médecin qui ordonne à la future maman d'aller dans une autre maternité, qui a un centre
spécialisé pour les grossesses à risque, un CHU bien souvent, parce que les petites maternités de proximité ne sont pas aptes à s'occuper de naissances compliquées, des grossesses pathologiques...
Certaines femmes n'ont pas d'autre choix : si leur grossesse
est jugée compliquée par un gynécologue, il faut faire 100 km ou 1H30 de route. Conclusion : plus c'est risqué, plus il faut aller
loin pour accoucher ou se faire soigner !
Les femmes de plus de 38 ans n'ont pas la possibilité d'accoucher dans une petite maternité de proximité.
C'est
vrai que cela fait peur aujourd'hui ,et de plus en plus, d'être malade ou d'être enceinte.
Mais cela est dû à quoi ? Beaucoup d'hôpitaux, encore ouverts, n'ont pas les moyens de soigner correctement les gens, ils permettent de sauvegarder des emplois, beaucoup d'employés ne sont pas mobiles, ils ne veulent pas faire un trajet de 50 km le km pour aller travailler et encore un trajet de 50 km le soir...
Cependant c'est une très bonne chose qu'une enquête soit faite pour en savoir plus.
Rediffusion d'un article de 2012
L'hôpital : un monde sans pitié... Extrait N°3 du livre de Claire Compagnon et de Thomas Sannié.
Certains témoignages soulignent l'attitude des soignants à se regrouper à l'écart des malades, sans prendre en compte leurs
demandes ou tout simplement leur existence, ne se déplaçant pas dans une chambre lorsqu'un malade sonne.
Lorsque les conversations portent sur les conditions de travail, les professionnels entament parfois un véritable chantier de
culpabilisation du patient et de ses proches
: le malade est pointé implicitement du doigt comme la source des
difficultés. Les malades n'osent plus se manifester, ils pressentent un risque de représailles...![]()
La fille d'une personne hospitalisée au moment de sa fin de vie dénonce ainsi : Avec le malade, pas de gaieté, pas de sourires, pas d'échanges. Entre agents, par contre, stridences de
poulailler,
des heures et des heures de cancanages,
dans les chambres comme en dehors.
Hémiplégique, ma mère a pu
profiter à plein de cet enthousiasme au métier de la part d'agents qu'on aurait majoritairement pu, à les entendre, incomparablement plus à plaindre qu'elle"
Extrait N°3 du livre de Claire Compagnon et de Thomas Sannié.
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