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Vivreaupresent

Un jeune médecin qui ne supporte plus les gens malades et qui ose le dire. Un médecin classique en somme... en 2011

17 Août 2017 , Rédigé par Authentiqua Publié dans #Santé

 

 

Extraits de "Juste après dresseuse d'ours : Les histoires brutes et non romancées d'une jeune généraliste".

 

En fait, j’aime pas les malades. J’aime bien les gens en bonne santé. J’aime bien les jeunes de 32 ans avec leurs biceps et leurs sourires et leurs certificats de taekwondo. J’aime bien les femmes enceintes qui viennent parce qu’elles sortent de leur tête à tête avec leurs deux lignes roses dans la salle de bains, et qui m’écoutent à peine, parce qu’elles sont pleines d’images d’avenir. J’aime bien les certificats de bonne santé, j’aime bien les jeunes, j’aime bien les vaccins. J’aime bien donner des conseils pour moucher le petit et passer vingt minutes à expliquer qu’il faut s’essuyer d’avant en arrière pour éviter les cystites. Les malades sont nuls. Ils puent la souffrance et la peur, ils me vident de mon énergie, ils m’aspirent, ils m’effraient. Ils sont un trou noir. Comme d’effroyables petits Shadoks : ils pompent, ils pompent, ils pompent, alors que j’ai si peu d’énergie à moi. Ils ont mal et je ne suis pas une fée, ils veulent vivre alors qu’ils vont mourir, ils veulent comprendre et ils ne comprennent rien.

Sauf les bons malades, que je peux supporter. Le bon malade est poli. Il arrive à l’heure à son rendez-vous, il me dit bonjour Docteur avec un D majuscule.

Il a mal avec le sourire, il affronte sa maladie le dos droit. Il m’écoute avec de grandes oreilles, il hoche la tête et il me fait des compliments sur ma façon d’expliquer les choses. Il pose des questions auxquelles je sais répondre, et il comprend les réponses. Il sait bien que je ne suis pas une fée, il me donne du Docteur à chaque coin de phrase et il m’écoute en silence. Il ne se plaint pas. Il est reconnaissant du peu que je fais pour lui, il accepte les examens, il accepte les incertitudes. Quand je lui propose un traitement, ça marche bien. Il n’a pas d’effets secondaires et le traitement fonctionne. Ou, si ça ne fonctionne pas, il me le cache parce qu’il sait qu’il me doit bien ça. Le bon malade guérit. Il a une maladie bien propre, bien carrée, que je comprends et que je connais, et pour laquelle j’ai des médicaments qui marchent dans mes tiroirs à médicaments.

La mauvaise malade débarque à 19 heures sans rendez-vous, avec ses yeux de cocker battu et sa souffrance qui empeste ma salle d’attente. Elle a huit maladies graves en même temps qui se battent pour savoir laquelle aura raison de ce corps chétif, elle est idiote, elle me fixe de ses yeux hagards et elle se fait frapper par son fils. Elle n’a pas pris les médicaments parce qu’elle n’avait pas de sous, elle n’a pas le compte rendu de l’hôpital de sa dernière hospitalisation, elle ne comprend rien et elle a mal partout. Elle ne pose pas de questions parce qu’elle est trop bête pour en poser, elle ne sait pas répondre aux miennes, elle est sale et elle a les dents grises, elle boite sans que je sache pourquoi, avec sa béquille qu’aucun des antécédents notés dans les jolies cases de son dossier ne justifie.

Et alors que je suis capable de passer trente-cinq minutes avec une jeune fille belle et enceinte, je raccourcis tout ce que je peux la consultation avec elle. Je botte en touche, j’envoie au diabéto, j’envoie au cardio, j’envoie au centre antidouleur. Je lui parle mal, je l’engueule parce qu’elle devrait bien savoir que le vendredi c’est sur rendez-vous, je secoue la tête en soupirant quand elle ne sait plus quel médicament on lui a donné à l’hôpital, je rédige la lettre pour le diabéto en quatre longues minutes de silence.



Elle dit tout haut ce que pense tout bas de très nombreux médecins. Ils ont fait médecine pour les maladies qui se guérissent toutes seules, avec le temps, pour la bobologie. Pour être claire, de nombreux médecins se sont trompés de voie mais ils n'envisagent pas une reconversion professionnelle, peu de métiers sont aussi rémunérateurs avec si peu de compétences. Toute leur vie, ils resteront des notables payés outrancièrement pour griffonner des ordonnances, faire de la saisie, des vaccinations et faire des courriers à leurs confrères.

Si on n'a jamais eu de maladies graves, on trouve les médecins forts sympathiques, il n'en est pas de même si on a une grave maladie. On découvre alors une autre facette de leur personnalité, une facette souvent très sombre, terrifiante... 

Elle représente parfaitement le médecin traitant des années 2010. Une profession qui est bien malade... 

Des médecins humains, il en existe certainement mais je n'en ai jamais rencontrés, cependant j'en ai rencontrés une multitude dans son genre et des novices...



 D'autres avis que le mien :

 

 

Ledit gaga

 

C'est que ce triste sire tombe malade et soit reconnu par un "confrère" !

 

 

Fauvette 113

le malades n'aiment pas les médecins comme vous. Tant de mépris pour la souffrance des gens fait de vous un exécrable médecin. Allez vendre des légumes mais peut être détester vous les légumes .

 

 

Zygo

TRÈS BON LIVRE NOIR...!!!
Il est médecin donc il ne sait rien, tout le monde le sait sauf les malades.Dix ans d’études pour connaitre le corps humain, ce n'est pas assez, il en faudrait des siècles et encore...alors arrêtez de demander aux médecins des miracles, ils ne savent rien mais ils ne peuvent pas le dire parce qu' ils sont médecins et en plus il y a Hippocrate..c'est pas facile..pauvres





 

 

 

Lorelli

à 28 ans on majoritairement en bonne santé, vous reprochez à l'humanité sa condition humaine, mais vous êtes un cas typique dans vos reactions de cette condition, vos emotions negatives le disent
maintenant vous avez le choix soit vous remettre en question et vous elevez pour prendre conscience que vous avez d'aide...
il existe des medecines comme l'injections de cellules souches pour soigner



Redmonde

Un médecin est là pour aider les gens perdus, apeurés, écrasés par la maladie, et non pour les détester et s'en débarrasser le plus vite possible.
Si l'on est vraiment malade, même la personne la plus maître de soi, la plus stoique devient une pauvre chose telle que décrite par ce texte. Ce qu'elle décrit, ce n'est pas le mauvais malade, c'est le vrai malade.
Et lecomportement d'un mauvais médecin

Diana

dites moi que je reve DOCTEUR! à vous lire j'en tombe malade ! ne saviez vous pas, avant de commencer vos etudes, qu'etre un vrai médecin est un sacerdoce!
alors un conseil, changez vite de "boulot"
où sont passés nos médecins de famille, il y a encore 5 à 6 ans nous pouvions nous permettre de les déranger en pleine nuit, aujourd'hui nous sommes face à un répondeur qui nous dit "appelez le 15"!

Moonray

Dans quatre ou cinq ans, elle sera habituée. Elle ne les aimera pas d'avantage, ses clients, mais elle les supportera. Comme les profs avec leur petits merdeux d'élèves. On se fait à tout.



Pixie

au secours elle s'est trompée de vocations !

si Madame pensait s'en mettre plein les poches et de ne soigner ce qui n'a pas besoin d'être soigné - de trouver juste quelques personnes un peu souffrantes sans plus - et surtout pas de grosses maladies mortelles, de désespoir, de plaintes et d'hurlement - elle aurait dû se renseigner avant de faire des études et comme quoi on peut passer des examens sans avoir la foi - elle démarre j'espère que.

 

 

 Sam 84

Au premier degré c'est une insulte aux malades,au second degré une insulte aux malades,au total une occasion perdue de vous taire Si c'est de l'humour c'est déplacé ,si se sont vos états d’âmes tout autant mal venus ...Pour remédier a cela une hospitalisation,ou un cancer ...Après vous deviendrez plus humain et vous saurez écouter vos malades avec empathie et respect en bon disciple d’Hippocrate



 

 

http://www.atlantico.fr/decryptage/medecine-generale-docteur-anecdotes-jaddo-212274.html

 

 

Ce médecin a seulement 28 ans...

 

 

Rediffusion d'une note de 2011

 

 

 



 

 

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e 16/11/2013 18:11

Cette article illustre parfaitement la façon dont il est possible de dénaturer un texte en l'isolant de son contexte. Quel triste interprétation! Comment envouloir à un médecin qui avoue ne pas aimer les gens voir souffrir ? Préféreriez-vous avoir devant vous un automate sans coeur, dépourvu de la moindre empathie ? Ce post est bien vieux, et Opale a buen mieux répondu que moi. C'est triste, vraiment triste de passer à côté du fond de l'article de Jaddo.

Opale 10/10/2012 22:58

Il est bien dommage que vous n'ayez pas lu dans son intégralité le blog et le livre de Jaddo.

Il est bien dommage que vous ne compreniez pas que dans des tas de posts, cette généraliste dénonce la façon de traiter les patients par exemple à l'hôpital, fait sa propre auto-critique aussi
souvent.

Il est bien dommage que vous ne voyiez pas que cette jeune docteur a l'empathie ancré au coeur et aime ses patients tout autant que son métier.

Il est bien dommage que vous n'ayez rien compris.

Je n'ai pas la chance de faire partie de ses patients, mais je suis bien heureuse pour eux qu'ils aient à faire à elle lorsqu'ils vont mal, physiquement ou psychologiquement.

witney 25/03/2012 18:02

ça promet ...