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Vivreaupresent

Les anti-inflammatoires, l'aspirine et les médicaments destinés à fluidifier le sang peuvent être très dangereux

11 Juillet 2017 , Rédigé par Authentiqua Publié dans #Santé

 

 

Au cours du dernier congrès de gastro-entérologie, qui s'est tenu en mai à Chicago, des centaines de publications ont concerné les effets secondaires des médicaments sur le système digestif. Ils peuvent se manifester à différents niveaux : dans le tube digestif haut (estomac et duodénum surtout), l'intestin grêle et le côlon. Le professeur Robert Benamouzig, chef du service de gastro-entérologie à l'hôpital Avicenne de Bobigny (près de Paris), a assisté à cette importante manifestation et rappelle certaines recommandations.

Le Point.fr : Quels sont les médicaments les plus nocifs pour notre système digestif ?

Pr Robert Benamouzig : Ce sont malheureusement les plus utilisés. Au hit-parade de ceux ayant une toxicité digestive "haute", on trouve les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ou AINS), les anti-agrégants plaquettaires (pour fluidifier le sang), dont l'aspirine et certains médicaments de l'ostéoporose. Les AINS tuent beaucoup plus de gens que le sida dans les pays occidentaux. Car même s'ils ne sont pas très toxiques, ils sont énormément consommés, ce qui explique des dégâts importants. En pratique, ils sont responsables de l'apparition d'ulcères qui peuvent donner des hémorragies. Le risque est moindre dans le cadre d'une prescription qu'en automédication, car le médecin tient compte de certains paramètres (âge du patient, antécédents particuliers, fragilités et pathologies associées). Il faut donc éviter de prendre ces traitements sans avis médical.

Le risque est-il le même avec l'aspirine et les anticoagulants ?

La tolérance à l'aspirine est relativement bonne, mais comme 20 à 25 % de la population en consomme actuellement presque quasi quotidiennement en prévention des accidents vasculaires, cela finit parfaire du monde. Il faut savoir que le risque est proportionnel à la dose et qu'il n'est jamais nul. Ce médicament érode un peu la muqueuse digestive, et quand il y a une cause de saignement (comme une petite malformation vasculaire), ce dernier va être augmenté. On sait depuis peu que l'aspirine a aussi un effet néfaste sur l'intestin grêle, même si les symptômes sont souvent très discrets. Elle peut également entraîner des saignements, voire des hémorragies au niveau du côlon. Quant aux anticoagulants, très utilisés en cas de troubles du rythme cardiaque, pour prévenir la survenue d'accidents vasculaires, ils provoquent eux aussi une augmentation du risque de saignements digestifs. Enfin, certains médicaments destinés à lutter contre l'ostéoporose provoquent des ulcérations digestives hautes.

Les protecteurs gastriques préviennent-ils ces effets secondaires ?

Non, pas complètement, et pour l'instant nous ne disposons pas d'antidote spécifique. Les protecteurs gastriques diminuent le risque, mais ne l'annulent pas. De plus, ils ne sont proposés en moyenne qu'à la moitié des patients qui devraient en bénéficier.

Quels sont les médicaments les plus néfastes pour le côlon ?

Ceux qui déséquilibrent la flore intestinale, comme les antibiotiques. Ils entraînent le plus souvent une diarrhée modérée, pendant quelques jours, mais ils peuvent aussi être responsables d'une infection plus grave, d'une colite sévère, voire mortelle. Il est donc conseillé de rééquilibrer la flore en mangeant des yaourts ou des probiotiques tant que dure le traitement antibiotique. Certains laxatifs peuvent aussi être irritants et ne doivent pas être utilisés de façon chronique, alors que d'autres sont très bien tolérés. C'est pourquoi il faut éviter de prendre un laxatif au long cours sans avis médical.

Dernier sujet, mal connu, l'effet "masquant" des corticoïdes...

Effectivement, certains médicaments peuvent masquer des pathologies. Si vous recevez des corticoïdes, par exemple pour un rhumatisme inflammatoire, et que vous faites une infection digestive, le diagnostic risque d'être porté tardivement. C'est pourquoi les patients ne doivent pas hésiter à parler à leur médecin de leurs symptômes digestifs, même s'ils sont faibles.

 

 

 

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